Les besoins du bétail

Comme les cultures arables, les prairies ont besoin de fertilisation soufrée

C’est un apport essentiel pour assurer une saine alimentation des ruminants. Même lorsque les fumiers et lisiers sont restitués au sol, des applications supplémentaires sont souvent nécessaires.

Environ 6 à 7% seulement des prairies reçoit actuellement des engrais soufrés. Mais une carence en soufre va réduire le rendement d’herbe et l’efficience de l’azote, augmenter la perte de nitrate et réduire la teneur en sucre et la digestibilité*. L’herbe cultivée pour l’ensilage est particulièrement sensible à une carence en soufre.

Comme pour les cultures arables, l’herbe nécessite également un équilibre entre l’azote (N) et le soufre (S) pour sa teneur en protéines, et un manque de soufre conduira à des rendements réduits et à des niveaux accrus d’azote non-protéique dans l’alimentation (voir le graphique).

EFFET BENEFIQUE DE LA FERTILISATION SOUFREE SUR LA LIMITATION DE LA TENEUR EN AZOTE NON-PROTEIQUE DE L’HERBE
Baker A.S. et al. Sulph Inst J. 9(1)
EFFET BENEFIQUE DE LA FERTILISATION SOUFREE SUR LA LIMITATION DE LA TENEUR EN AZOTE NON-PROTEIQUE DE L’HERBE

Des recherches sur l’ensilage réalisées par IGER à North Wyke (maintenant intégré à Rothamsted Research, UK) ont montré une augmentation de 35% de la production de matière sèche de trois coupes sur un sol sablo-limoneux où du sulfate était appliqué**.

Les pertes en nitrates ont été réduites jusqu’à 82%, tandis que le taux de protéines et la teneur en sucres solubles de l’ensilage ont été augmentés de 25% et 30% respectivement.

LE GAIN DE POIDS VIF JOURNALIER DES AGNEAUX SUIT LE RATIO S/N DE L’HERBE
Source: Rendig et Weir. J Anim Sci 16(2)
LE GAIN DE POIDS VIF JOURNALIER DES AGNEAUX SUIT LE RATIO S/N DE L’HERBE

UN RATIO N/S OPTIMISE AUGMENTE LA VALEUR D DE L’ALIMENTATION DES VACHES LAITIERES
Source: Bouchard et Conrad, J Dairy Sci 56
UN RATIO N/S OPTIMISE AUGMENTE LA VALEUR D DE L’ALIMENTATION DES VACHES LAITIERES

Cela signifie que la digestibilité réelle (Valeur de digestibilité) de l’alimentation est réduite et une partie de la valeur nutritionnelle est perdue (voir graphique).

Le soufre à partir du fumier et du lisier

Le fumier de ferme et le lisier contiennent des quantités importantes de soufre. Lorsqu’ils sont utilisés en frais, une grande quantité de soufre est disponible pour la plante.

Mais lors du stockage l’activité des bactéries anaérobies réduit le sulfate en sulfure et le combine dans des complexes organiques. Ils ne peuvent pas être utilisés par les plantes, mais ils s’oxydent progressivement pour redonner du sulfate dans le temps.

Il y a peu de données fiables sur la disponibilité réelle du soufre stocké dans les résidus organiques, il est donc préférable de le considérer comme une contribution à l’ensemble des réserves du sol, plutôt qu’un apport de nutriments disponibles pour la culture en place.

*G Fisher, J Buss et al, 2011,Grassland Report, British Grassland Society, Royaume-Uni
**L Brown, D Scholefield, et al., 2000, The effect of sulphur application on the efficiency of nitrogen use in two contrasting grassland soils, Journal of Agricultural Science, Vol 135